24 novembre 2006

Tavailleur du savoir & autonomie

Jacques Païtra, sociologue, propose une approche fondée sur l'observation des bouleversements de ces 50 dernières années. il développe une vision qui conduit inélucablement l'homme et la société à entrer et à fonctionner dans une logique d'autonomie.
Il constate tout d'abord ce formidable besoin d'autonomie à travers des facteurs d'évolution :
- la transformation de la société : la libération de la femme et les avancées technologiques d'une part et le développement de la société de consommation qui en est le prolongement ;
- la sécurité des années 50/60 (sociale, vieillesse, emploi) : les lendemains sans souci ;
- la compétitivité des années 60/80 (individuelle, industrielle, sociiétale) : le dépassement, être ou paraître le meilleur ;
- la crise des années 70/90 (industrielle, financière, économique, idéologique individuelle) : les dysfonctionnements subis entraînent des attitudes de protection et révèlent des comportements nouveaux.

Il propose une définition de l'autonomie : "la condition d'une personne ou d'une collectivité qui détermine elle même la loi à laquelle elle se soumet".

Il soulève 3 paradoxes: désir et autonomie, solidarité et économie puis entreprise et autonomie. Ce dernier éclaire sur la contradiction entre le concept d'autonomie et l'organisation en entreprise. Il souligne que l'autonomie d'action est un vecteur avéré du développemnt des entreprises modernes et que le management basé sur le charisme et l'autorité naturelle remplace le commandement autoritaire et directif. Si l'autonomie peut faire courir des risques à court terme, elle semble un gage de progrès qui à long terme permet le développement des compétences vers l'autonomie des salariés qui accroissent ainsi leur "employabilité" et l'auto-gestion de leur carrière.

Les germes d'autonomie au travail sont favorisés par les nouvelles technologies qui apportent : une nouvelle approche des rapports de l'individu au système, une décentralisation des pratiques et des contraintes, un contrôle du travail moins perceptible, des circuits d'information plus rapides et plus fiables. Selon l'auteur, les nouvelles générations de travailleurs s'éduquent à cette autonomie. Il constate l'inadaptation des collectivités et des sociétés à intégrer des individus de plus en plus autonomes.

Le décalage apparu à la fin du XX° siècle entre la prise d'autonomie liée aux NTIC et les principes de vie dans des sociétés où la démocratie et l'état de droit exigent le respect de règles établies donc des contraintes et des obligations. Plus généralement l'accélération des progrès techniques et scientifiques, de la diffusion massive de leurs applications, le bouleversement des rapports sociaux, le sentiment de perte de repères et de sens de la vie quotidienne entraînent un changement social complexe et déstabilisant qui explique aussi la persistance des résistances au changement.

Jacques Païra constate que les ouvriers s'apprètent à subir le même sort que les agriculteurs qui sont passé de 50% à 5% de la population active en 50 ans.
Il s'agit d'une évolution en profondeur des compétences :
- la robotisation : moins de gestes physiques, plus de gestes "intellectualisés"
- le corps des cadres se désunit avec la perte du privilège de la rétention de l'information liées à l'arrivée des NTIC
- l'entreprise nouvelle se recompose avec : peu de cadres pour tenir les fonctions stratégiques, une masse de technicien sur-qualifiés, des exécutants limités en nombre et des consultants externes pour compléter la ressource en expertise.

Cette évolution est l'opportunité pour ceux qui, qalifiés et entreprenants, ont le "sens éduqué du risque" et pourront alors faire preuve de leur autonomie dans le choix et la gestion de leur carrière.


source : Bernard Marteel résumé et commentaire du livre "La société du savoir" de Jacque Païtra.

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