Visibilité et traçabilité du travail du savoir, article de Jim McGee
Dans l’article Knowledge work as craft work*, le consultant américain Jim McGee nous parle de l’importance de donner visibilité au processus de développement du travail du savoir.
Il nous rappelle, tout d’abord, qu’une fois que l’objectif du travail du savoir est de créer des nouveaux résultats, sa gestion ne peut pas suivre les modèles industriels, basés sur la standardisation et la reproductivité. L’analyse symbolique, introduite par Robert Reich comme l’essence du travail du savoir, conduit à des résultats uniques, ce que rapproche le travail du savoir de l’artisanat.
La différence fondamentale entre le travail artisanal et le travail du savoir repose sur leurs visibilités. L’action que génère le travail du savoir a lieu dans la tête du travailleur du savoir, et même le résultat final de son travail reste généralement très abstract (une analyse financière, l’organisation d’un projet, un rapport de conseil, un article).
L’environnement technologique qui entoure le travailleur du savoir lui permet d’effectuer de tâches de plus en plus complexes, en facilitant le passage de l’idée au produit fini. Néanmoins, l’utilisation des outils technologique engendre une difficulté à la maîtrise du processus de création: sa traçabilité est difficilement établie car le déroulement du travail est de moins en moins visible.
La majorité d’entre nous n’arrive même pas à s’apercevoir ce qu’on a laissé de côté. Il faut un acte conscient de volonté pour se demander comment utiliser les outils actuels de façon à obtenir aussi bien la nouvelle productivité que les atouts cachés dans l’ancienne visibilité accidentelle.
McGee nous montre que, même si on a la tendance à dire que le plus important est le produit final (le résultat), la visibilité du processus de création (sa traçabilité) apporte au moins trois atouts incontestables :
1) la possibilité de revenir en arrière dans des raisonnements qui se sont avérés erronés, et d’explorer des alternatives : les efforts et les risques d’analyser les alternatives sont moins importants quand on compte avec une bonne traçabilité.
2) le travail du savoir comme un environnement d’apprentissage pour d’autres travailleurs du savoir : rendre le processus et les produits intermédiaires plus visibles facilite l’apprentissage des nouveaux travailleurs du savoir.
3) l’efficacité de repérage des communautés d’expertise et de pratique : les problèmes aux qui les organisations doivent faire face sont de plus en plus complexes et demandent des solutions multidisciplinaires ; la visibilité des experts dans l’organisation et celle de leurs pensées facilite et accélère le repérage des compétences nécessaires pour résoudre un problème donné.
McGee finalise sont article en montrant comment les Weblogs (blogs) peuvent être utilisés dans l’objectif de rendre le développement du travail du savoir plus visible et agile.
La discipline qui doit être développée est celle d’organiser le reste de votre travail pour rendre la nature de son évolution plus visible. Les outils d’aujourd’hui rendent cela plus facile à gérer que dans le passé, et les weblogs fournissent une structure organisationnelle fondamentale à cette visibilité.
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